1 j'aime 0 n'aiment pas
271 vues

Nuit Debout, dans sa structure même, est problématique. Elle se base sur une prise de parole en public. Or, pour prendre la parole en public, il faut se sentir autorisé.e ou légitime et bien souvent, cette légitimité est due à la place qu'on occupe dans la société, au nombre d'années d'études qu'on a effectuées... Et surtout, pour s'exprimer sur un sujet comme la politique qui, qui plus est, est souvent considéré comme étant "pointu". Du reste, la plupart des personnes qui s'expriment lors de ces assemblées sont des étudiant.e.s en sciences sociales, des personnes syndiquées ou engagées politiquement, ne faisant, finalement, que reproduire un système de domination intellectuelle et économique déjà présent dans la société contre laquelle vous luttez. Car, si tout le monde parle, tout le monde ne se sent pas autorisé à parler ou n'a pas les compétences pour savoir le faire. Nous ne sommes pas tous/toutes égaux et égales face à la parole. Il faut posséder un certain type de langage (langage soutenu) pour pouvoir s'exprimer en public. Je pense que c'est pour cela que le mouvement a du mal à s'exporter vers les quartiers populaires et a du mal à intégrer des migrant.e.s à son mode d'action. Venant moi-même d'une famille de migrants, je peux vous garantir que prendre la parole n'est pas une chose facile.

demandé 6-Jun-2016 par anonyme | 271 vues
C'est difficile pour beaucoup de monde, même pour des personnes éduquées.
L'important est surtout que tout le monde ai le même poids décisionnels et qu'on arrive à mieux mettre en avant les tentatives de mentir ou de complexifier un débat simple.
@anonyme: Bonsoir à vous, j'espère que vous allez bien, je dirais que vous ne prenez pas le problème par le bon bout, l'objectif dune assemblée populaire ou générale est de permettre à tout un chacun de potentiellement pouvoir s'exprimer à titre individuel.
La politique (dans sa vraie signification: l'art d'organiser et de faire fonctionner une société), comme la sociologie, comme toutes les sciences et les arts peuvent se cacher dans des paroles, des situations que tout le monde vit au quotidien, cela peut porter, par exemple sur le savoir-vivre ou le travail en entreprise, dans les champs ou ailleurs, cela peut porter sur les transports en commun ou la télévision ou les médias que tout le monde connaît, sur les politicard(e)s (hélas incontournables dans leur infinie bêtise), tout cela peut participer à construire un autre système social, je pense que tout un chacun doit avoir sa vision du monde propre à lui, issue de sa propre réflexion, le temps de parole est de deux minutes max, mais rien n'empêche de parler trente secondes, juste s'exprimer et c'est cela qui est important aussi!
Par-contre il existe de véritables freins à cette expression, je citerais, par exemple, tous ceux qui canardent tout le monde avec leurs appareils photos et leurs caméras, nous sommes là pour nous exprimer, échanger, etc..., pas pour être filmés ou photographiés (sûrement des gens qui n'ont rien à dire ou à écouter?) comme d'autres espèces vivantes (hélas) au zoo! (fermeture de tous les zoo!!!!), ils peuvent participer à ce que les gens fuient ces assemblées et en tous les cas, si ils ont quelques réticences, cela ne vas pas les encourager à prendre la parole!
Certains, avec un ego surdimensionné, pleins de suffisance et irrespectueux envers l'assemblée prennent la parole, il ne faut pas se laisser impressionner et même leur répondre en demandant la parole.
Je me souviens, récemment, après m'être exprimé deux ou trois fois, j'ai dit "je n'y vais plus les autres n'ont qu'a prendre la parole", cela à encouragé une personne à prendre le micro pour dire des choses de très bonne tenue! Comme quoi...
En substance, je veux dire que tout un chacun à sa place dans l'univers et tout un chacun doit la revendiquer!
Merci de votre attention.

2 Réponses

1 j'aime 0 n'aiment pas
Je trouve cette question très intéressante ! Nuit debout risque-t-elle l'élitisme ? Où commence l'élitisme ? Est-ce à dire que certains devraient s'habituer à prendre moins souvent la parole pour laisser plus d'équité aux autres ? Nous avons probablement besoin d'apprendre à nous écouter les uns et les autres, c'est une vérité... Est-ce à dire qu'il faut de nouveaux outils de dialogue qui soient indépendants des Assemblées et des commissions ? Oui, nous devons réinventer Nuit debout.

Je pense que ces questions sont déterminantes !
répondu 6-Jun-2016 par Alan Tréard (1,010 points)
Une bonne question qui soulève une question de fond : comment faire en sorte que tout le monde ait la parole à un moment et passer outre les blocages liés au niveau d'éducation ou à l'habitude de la prise de parole en public ? Il me semble qu'internet à un rôle déterminant à jouer dans la construction d'une démocratie totale et directe, et que ce serait une réponse appropriée à la question soulevée.
1 j'aime 0 n'aiment pas
Je pense que le principe d'une assemblée ouverte a tous et ou chacun peut s'exprimer ne peux pas etre remis en cause au motif que tout le monde n'est pas sur un pied d'égalité en termes de qualité d'expression, d'analyse et de proposition. Sinon alors quoi faire? En termes de qualité de communication il me semble que rien ne remplace la parole directe  Il me semble qu'un processus completement virtuel serait déshumanisé et que le débat dans une assemblée, a un moment ou un autre est indispensable.

Je pense que l'assemblée est (ou en tous cas devrait) etre suffisament tolérante pour se concentrer plutot sur le fond des interventions que sur leur forme..

IL me semble aussi que c'est en tombant qu'on apprend a marcher.. Je pense que c'est justement une des grandes qualités du mouvement: celle d'impliquer dans la politique des personnes qui n'ont pas l'habitude d'y prendre part. D'ailleurs pour moi, on trouve de bons orateurs dans tous les milieux sociaux..

En revanche, oui, je pense que le mouvement devra toujours se poser cette question: comment éviter l'élitisme? et impliquer les citoyens (chose qui n'a pas l'air d'etre une préocupation de nos politiques,,). En particulier au niveau de l'écriture de la constitution qui devrait garantir a mon sens une participation démocratique a toutes les étapes du processus: propositions, validation des propositions, projet de loi et vote des projets de loi..
répondu 8-Jun-2016 par Pinga (1,740 points)
je pense qu'il y a une diversité de Nuit Debout. dans ma ville, les étudiants ne participent pas. il n'y a pas eu le risque d'élitisme au sens où il a été décrit dans vos différents témoignages. pourtant d'autres groupes se sont emparés de la parole. et petit à petit la place s'est malheureusement dépeuplée par rapport aux premières heures... dur pour l'horizontalité!
Bonsoir ! Je suis d'accord avec la diversité des Nuits, ici à Saintes, nous n'avons pas ou très peu d'étudiants, beaucoup d'entres nous sont des gens avertis, cultivés, mais nous avons aussi des personnes qui n'ont pas eu accès à une certaine culture et qui pourraient se retrouver encore une fois défavorisé... Cependant; ces derniers ont réellement trouvé une place dans le débat, petit à petit. Il n'est certes pas facile de prendre la parole, mais c'est aussi à ceux qui ont le verbe facile d'encourager la prise de parole de ceux qui ne pensent pas y trouver leur place. L'éducation populaire s'inscrit dans ce combat, et il est très important de mettre de côté les "grands termes" et de vulgarisé pour la compréhension de tous. Aussi, nous avons vu naître dans nos Nuits, une prise de confiance de certains d'entres nous, et qui ont même avoué, (fallait oser !) devant tous leur incapacité à lire ! L'assemblée à réagit, et l'un de nous s'est proposé pour donner des cours de lecture !
S'adresser à l'autre c'est aussi savoir écouter la réponse... Rien n'est facile, mais il s'agit encore ici de laisser son égo de côté, parce que nous en avons des choses à reconstruire, et pas forcément avec des gens que l'on apprécie personnellement.. Et ça c'est déjà tout un travail !
Ouvrez vos coeurs les enfants !
681 questions
1,930 réponses
3,086 commentaires
1,451 utilisateurs